Récit de mon tour du monde à vélo : Chapitre 9 et 10 – Au vent du Sahara

voyage à vélo - Afrique

Le contexte de ce tour du monde à vélo

Suite à mon tour du monde à vélo de 2 ans réalisé entre mars 2005 et mars 2007, nous avions écrit (ma compagne et moi) un texte dans le but de le publier… Mais pour plusieurs raisons, il n’a jamais vu le jour ! Il est donc temps de le partager ;).

Même si le voyage date un peu et que certains pays et informations techniques ont “un peu” évolué depuis, toutes les émotions que nous avons ressenties seraient les mêmes aujourd’hui.

Nous avons également réalisé un film de 45 minutes “La roue libre” que nous avons présenté dans différents festivals de voyage à vélo et que nous vendions à l’époque en DVD. Les images datent un peu mais vous pouvez maintenant le télécharger gratuitement. Pour le recevoir, il suffit de me le demander via le formulaire ci-dessous.

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Le récit de ce tour du monde à vélo

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Chapitre 9 : Au vent du Sahara

Octobre 2006

De Rio, un avion nous fait traverser l’Océan Atlantique jusqu’au Cap Vert : une belle destination, dont nous garderons pourtant un bien mauvais souvenir. Ce soir, nous repérons un endroit sympathique pour camper, au bord de la mer. Le sol est jonché de grosses pierres, mais cette petite pointe rocheuse est jolie et tranquille.

tour du monde à vélo - Cap Vert

Quelques jeunes pêchent un peu plus loin dans les rochers. Nous attendons d’être seuls pour monter notre bivouac, mais seulement la tente intérieure, car il fait très chaud. Toutes nos sacoches sont restées sur les vélos, puisque nous pouvons les voir à travers la moustiquaire.

Alors que nous sommes déjà endormis et qu’il fait nuit noire, Brieg est réveillé par un bruit près de la tente. Il ouvre un œil, et se rendort. Mais, un nouveau bruit vient troubler son repos. Et cette fois en ouvrant les yeux, il voit, quasiment au dessus de lui, deux hommes penchés sur les vélos, bien occupés à essayer de les détacher.

Il hurle pour faire fuir les voleurs. Les deux silhouettes s’éloignent dans la nuit. Aussitôt, nous sortons de la tente pour vérifier qu’ils n’ont rien pris. Heureusement, ils n’ont pas eu le temps de se servir dans nos affaires. La seule sacoche que nous retrouvons ouverte est celle qui contient le double toit de la tente qui est toujours là : mauvaise pioche !

Très nerveux, nous tergiversons. Vaut-il mieux monter le double toit afin d’entrer nos vélos et nos sacoches dans l’avancée, ou bien se recoucher en se relayant pour que l’un garde toujours un œil ouvert, ou encore démonter le bivouac et partir de ce lieu sordide, trouver un autre campement alors qu’il fait déjà nuit noire ?

Tout en discutant, Elise entend un bruit de pierre non loin de là, comme si quelqu’un s’approchait, mais dans le doute, préfère se persuader que son imagination lui joue des tours. Quelques secondes plus tard, un nouveau bruit, plus distinct, plus suspect et surtout plus proche, puis une pluie de pierres s’abat à quelques centimètres du campement.

Les voleurs ne s’étaient pas vraiment enfuis, mais juste cachés derrière un buisson tout près de nous. Pour la première fois du voyage, la peur s’installe dans nos ventres et transforme nos voix.

Cachés derrière la tente, nous attrapons nos affaires par ordre de priorité : les passeports avant tout, puis l’argent et les objets de valeur. Viennent ensuite les vêtements et tout le reste. Nous laçons nos chaussures, car peut-être faudra-t-il s’enfuir d’un moment à l’autre.

Les voleurs continuent de nous lancer des pierres, qui atterrissent juste de l’autre côté de la toile de tente. A cet instant, nous savons qu’ils sont à quelques mètres, mais ne voyons absolument rien. La nuit donne l’avantage à leur peau noire.

Nous gardons notre sang froid, parlons peu et essayons de réfléchir. Que faire ? La peur est un sentiment terrible. Pour la première fois nous ressentons vraiment un sentiment d’insécurité. Nos agresseurs sont-ils deux adolescents qui veulent seulement nous faire peur, ou bien s’agit-il d’hommes déterminés ?

De quel moyens disposent-ils ? Ont-ils un couteau, ou pire ? Ne sont-ils vraiment que deux ? Si nous devons fuir, dans quelle direction aller, car nous sommes bloqués entre eux et la mer ? Une multitude de questions se bousculent dans nos têtes.

Au bout d’une vingtaine de minutes interminables, les jets de pierre diminuent en force et en fréquence. Soudain, une voiture passe sur la route à quelques centaines de mètres. Les pierres cessent alors de tomber enfin.

Les voleurs ont peut-être cru que nous avions appelé les secours et que les phares s’approchant étaient ceux d’une voiture de police ? La tente est vide, nous n’avons plus qu’à replier la moustiquaire, et à regagner la route en espérant que cette fois, nos agresseurs sont bien partis.

Nous pédalons dans l’obscurité jusqu’au prochain village où nous trouvons une maison accueillante pour passer la nuit en sécurité, avec toutefois un peu de mal a retrouver le sommeil…

Cette aventure nous prouve que nous avons eu bien raison de toujours planter la tente près d’une habitation, et non dans un lieu désert où l’on est jamais aussi seuls qu’on le croit…

Nous essayons d’oublier rapidement cette mésaventure pour profiter des quelques jours qu’il nous reste au Cap Vert. Évoluant sur des routes en grande partie pavées, nous tentons de remplir nos têtes de belles images pour ne pas rester sur une mauvaise impression : les montagnes vertigineuses, la végétation luxuriante, les plages de sable fin, la musique.

Les femmes portent des bassines sur leur crâne tressé, qui leur donnent une démarche cadencée et une silhouette élancée sous des tissus imprimés. Le continent africain n’est pas loin…

voyage à vélo - Sénégal

Au Sénégal, la chaleur est d’autant plus difficile à supporter qu’elle ne diminue pas la nuit. Nous déclinons même plusieurs fois l’offre de dormir dans la maison de nos hôtes, et nous installons dehors, à la recherche du moindre brin d’air.

A deux reprises, nous sommes accueillis par des peuls. Cette ethnie minoritaire est d’une hospitalité et d’une gaieté incroyables. Certaines femmes de ces tribus se tatouent le menton et la lèvre inférieure en noir. Ce n’est pas encore le cas de Fatimata et Aminata, deux cousines de quinze et vingt ans qui jouent les guides dans leur village.

Etudiant dans la ville voisine, elles parlent parfaitement le français. Le rêve de la plus grande est de poursuivre ses études en France. Ces deux jeunes filles sont d’une grande beauté. Elles nous expliquent que leur nez est plus fin que celui des wolofs, l’ethnie majoritaire, et que leur peau est plus claire.

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Quelques femmes plus âgées ne portent qu’un tissu autour de la taille. Nos jeunes compagnes elles, attendent la nuit pour se dévêtir. L’après-midi est très chaud. Affaiblis par le soleil comme par le jeûne du ramadan qui dure depuis plus d’un mois maintenant, tous les gestes sont ralentis.

Des nattes sont disposées au sol et on s’y étend, à l’ombre d’un arbre en attendant que les chèvres rentrent au village. Alors, les femmes vont les traire, puis préparer à manger.

Ce soir là, une quinzaine de personnes se réunit autour du poste de télévision qui équipe une des cases en terre, et qu’il faut régler toutes les cinq minutes. Au programme : le journal télévisé, puis un feuilleton en français, suivi d’un autre en wolof.

Toute la nuit, nous suffoquons sous notre moustiquaire. Passer la nuit avec une serviette mouillée étalée sur la poitrine nous permet à peine de trouver un peu de fraîcheur. Difficile de s’endormir tant la température est élevée.

Nous n’avons pas osé refuser la chambre qui nous a été offerte. Si le Sénégal a élevé l’hospitalité ou teranga au rang de devise nationale, les peuls en sont les meilleurs représentants à nos yeux.

Un des premiers soirs en Mauritanie, nous nous arrêtons dans un village de cases, et c’est aux tatouages des habitants que nous reconnaissons qu’il s’agit de peuls. Ce que la spontanéité de leur accueil viendra confirmer.

Tout en tatouant les pieds d’Elise au henné, Ousmane, jeune homme de vingt ans, nous explique que ses pieds à lui sont très fatigués, car il va à l’école à travers champs tous les jours, et pendant les vacances, il travaille car ses parents sont trop vieux pour faire vivre toute la famille.

Il nous parle de ses études, de sa famille, de son village. Au fil des heures, la nuit tombe. La conversation devient alors beaucoup plus intime. Lui et son cousin nous posent finalement plusieurs questions et nous voici partis pour un cours d’éducation sexuelle, ce qui nous étonne un peu car ils ont quitté l’adolescence depuis plusieurs années déjà.

Ils nous demandent pourtant quel est le moyen le plus sûr de se protéger du sida ou encore quels sont les moyens de contraception si une fille ne veut pas trop d’enfants. Nous répondons sans tabou, en essayant de leur apporter une réponse aussi claire que possible.

La Mauritanie déploie l’immensité du désert devant nos roues. Nous observons un beau spécimen de bousier en pleine « récolte », un scorpion, un caméléon, et le soir les gerbilles viennent grignoter nos miettes.

Autour des trois tasses de thé rituelles, nous discutons avec les bédouins sous leurs grandes tentes carrées.

tour du monde à vélo - Mauritanie

C’est avec Alain, le père de Brieg, Jeanne-Marie et leurs amis venus nous rejoindre à Atar que nous découvrons les plus belles images. Nous visitons avec eux la belle région de l’Adrar, ses phénomènes géologiques, ses gravures rupestres préhistoriques, et les dunes à perte de vue. Au bout d’une semaine de retrouvailles, découvertes et bonne cuisine, nous les quittons pour reprendre nos vélos.

Nous pédalons surtout très tôt le matin, puis en fin d’après-midi. Entre les deux, la chaleur n’est pas supportable, et continuer à vélo sous le soleil nous obligerait à consommer bien trop vite nos réserves d’eau. Nous portons un foulard humide sur la tête dès que possible.

Elise pédale en short mais dès que nous nous arrêtons, elle enfile par dessus un grand tissu qui fait office de jupe-portefeuille, afin de respecter les coutumes de ce pays musulman. Les jours où le vent vient de l’ouest, l’air est supportable, car il vient de l’océan.

Mais les jours où le vent vient de l’est, il a traversé le désert avant de souffler à nos oreilles, il est chargé de sable, c’est un vent sec et chaud. Ces jours là, nous avons l’impression de rouler avec un sèche-cheveux en marche tendu vers notre visage !

Le vent est en général modéré et ne nous empêche pas d’avancer. Sauf quand il se transforme en tempête de sable…

Ayant étudié les différents avis, nous décidons d’entreprendre la piste Atar-Choum à vélo. Les premiers kilomètres roulent bien mais le sable et le poids de nos réserves d’eau rendent vite les choses plus difficiles.

voyage à vélo piste atar choum mauritanie

Déçus d’avoir renoncé au désert de Gobi entre la Chine et la Mongolie, nous sommes bien décidés à ne pas abandonner cette fois. Bien motivés, nous avançons donc malgré la difficulté de la piste.

Le lendemain, les passages sableux sont de plus en plus fréquents, puis deviennent tout à fait majoritaires. Mais nous persévérons. Quand soudain, le vent se lève. Il devient plus fort à chaque minute.

Il faut continuer d’avancer, car nous sommes au milieu de nulle part. Très vite, nous devons nous couvrir pour se protéger les yeux, les oreilles, la bouche. Le vent soulève des vagues de sable qui nous fouettent les jambes.

En quelques minutes, nous nous retrouvons au milieu d’une tempête de sable qui réduit dangereusement la visibilité. Une nouvelle fois, la peur s’installe.

Aujourd’hui, elle n’est pas due à une agression physique, mais le sentiment d’être en danger est tout aussi grand, si ce n’est plus. Cette fois, nous nous sentons vulnérables, car notre agresseur porte un nom de géant, le Sahara.

Dans ce milieu hostile soudain agressif, nous devons rester proches, car quelques centaines de mètres de distance suffisent pour se perdre de vue dans ce dédale de pistes sablonneuses. Si le vent continue de forcir, nous ne pourrons bientôt plus avancer.

Un peu plus tôt, avant que le vent de sable ne se lève, nous étions passé devant des cases abandonnées. Nous décidons de faire demi-tour pour y retourner nous y abriter.

Brieg relève le cap à suivre à la boussole, car le piton rocheux qui nous sert de repère peut disparaître d’un moment à l’autre. Nous ne remporterions pas une partie contre le désert. Au bout d’une heure nous approchons des abris quand un reflet scintille à une centaine de mètres.

C’est le soleil qui brille dans le pare-brise d’une voiture tout terrain qui approche. Il n’y a plus vraiment de piste, les traces de voitures sont multiples. Par chance, celle-ci suit une trace qui passe près de nous.

Nous lui faisons signe de s’arrêter en espérant qu’elle nous distinguera à travers le sable. Le chauffeur nous emmène jusqu’à Choum, à une cinquantaine de kilomètres.

Là, nous attendons le plus long train de marchandise du monde. Quand ses deux cents wagons s’arrêtent en gare, nous n’avons que quelques minutes pour grimper sur le chargement de minerais.

Une fois tout notre barda installé, nous nous emmitouflons pour nous protéger de la poussière de minerais. A la fin d’un trajet de treize heures sous les étoiles, nous arrivons à Nouadhibou, sur la côte, avec une allure de ramoneurs et y retrouvons un peu de fraîcheur.

De là, nous remontons vers le nord en partie en camion, pour éviter la région longue et vide du Sahara occidental, au sud du Maroc.

tour du monde à vélo - Maroc

Difficile de dormir dans la tente car la porte d’une maison marocaine est toujours ouverte pour un étranger, que la religion dicte de recevoir comme s’il était envoyé par Dieu.

Le thé à la menthe coule à flot. Il est souvent accompagné d’un délicieux pain fait maison, trempé dans de l’huile d’olive artisanale, ou dans du miel.

Dans certaines maisons, nous ne rencontrons pas les femmes, qui restent entre elles dans la cuisine à préparer le repas qui nous est offert. Il s’agit principalement du tajine, un ragoût de viande, épices et légumes cuits dans un plat pyramidal en terre cuite.

Nous sommes heureux quand les femmes et les enfants partagent le repas avec nous, et cela nous met aussi plus à l’aise. C’est le cas dans la famille Boussaïdi, dont nous observons chacun des gestes avec attention.

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La vieille file la laine, la mère prépare les melouis, de grandes galettes carrées dont nous raffolons, les vieux fument en coinçant leur pipe entre les deux dents qui leur restent ! Sans le savoir, cette famille chaleureuse nous a offert un beau souvenir : un Noël sans sapin, mais avec sa chaleur comme cadeau…

voyage à vélo - Maroc

L’hospitalité des marocains n’est pas une légende. Elle n’est mesurable qu’une fois sur place, quand on s’aperçoit que le plus dur n’est pas de trouver un endroit où dormir, mais plutôt de le quitter au matin !

Comme chez Mohammed, qui au moment de nous dire au revoir, nous retient jusqu’à l’heure du thé, puis celle du déjeuner, et nous invite finalement à ne repartir que le lendemain. Cela nous permet de mieux connaître la vie de sa famille.

Mohammed est retraité. Il entretient un potager près de la rivière en contrebas du village. Tous les matins, il va y travailler pour fournir une grande partie de l’alimentation du foyer : olives, légumes, fruits, blé pour le pain, fourrage pour l’âne qui l’aide à transporter l’eau, et la vache qui leur fournit sans doute du lait.

Il y a aussi une basse-cour près de la maison. Les enfants s’attendrissent devant les lapereaux, tandis que leur maman leur préfère un lapin plus vieux, et surtout plus consistant ! Elle l’attrape et quelques minutes plus tard, notre repas de midi est à l’agonie.

L’après-midi, nous décidons de leur préparer des crêpes bretonnes. Pour nous, c’est l’occasion de leur faire goûter un plat de notre région, de les remercier pour leur accueil, mais aussi, d’entrer dans la cuisine, et ainsi d’investir le territoire des femmes afin de faire également leur connaissance.

voyage  à vélo rencontre Maroc

Les voisines, sans doute prévenues par les enfants, nous rejoignent. Elles s’étonnent de nous voir dans la cuisine, et rient d’autant plus en constatant que c’est Brieg qui est aux fourneaux.

Les Marocains nous reçoivent bien en tant que français. Encore une fois, heureusement que nous ne sommes pas américains, car ici aussi ils ont actuellement mauvaise presse. Surtout le jour de l’exécution de Saddam Hussein, vecue comme une provocation dans le monde arabe.

Car cet événement a eu lieu au moment de leur plus grande fête de l’année, l’aid el kebir. C’est la commémoration du sacrifice d’Abraham, à l’ occasion de laquelle les musulmans tuent un mouton.

Nous sommes invités à y assister, ce qui est finalement bien moins festif que nous ne l’imaginions. Le mouton, acheté quelques jours auparavant contre plusieurs mois de salaire, est égorgé le matin. A midi il est de coutume de manger son foie grillé. Puis la viande sera partagée toute la semaine entre les membres de la famille qui se rendent visite à cette occasion.

Nous laissons les marocains à leurs visites familiales, et embarquons pour l’Espagne.

Cette traversée marque le début de la fin, le retour à la maison est proche. Le retour et l’après-voyage commencent à envahir nos pensées. Il faut profiter du moment présent. Laisser les autres faire le compte à rebours à notre place. Les mamans s’en chargent d’ailleurs très bien…

Chapitre 10 : Aux portes de l’Europe

Janvier 2007

En débarquant en Espagne, nous retrouvons l’Europe occidentale, la belle, la riche, la moderne. Il nous faut quelques jours pour nous réhabituer aux WC avec papier, aux robinets avec eau chaude, et autres conforts oubliés.

Tout est clinquant, tout est propre. Tant de richesses nous mettent un peu mal à l’aise. Nous mettons beaucoup de temps à nous réhabituer à cette société du “trop” !

Nous remontons le littoral espagnol, en longeant les alignements d’immeubles qui cachent la mer. Nous longeons une côte balnéaire désertée hors saison, et faisons peu de rencontres.

Sous le froid de cette fin d’hiver, la France se rapproche de jour en jour. Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une bonne côte à nous séparer de notre terre d’origine. Nous la franchissons en fin de journée, puis achetons vin, fromage de chèvre et éclairs au café pour fêter dignement notre retour au pays.

Encore trois semaines de remontée à travers la France. Les français nous réservent un accueil formidable et inattendu.

voyage à vélo - hiver

Régulièrement, on nous offre un thé, puis le repas, et même un bon lit au chaud ! Notre pays est plus hospitalier que nous ne l’avions imaginé.

A Descartes dans l’Indre et Loire, nous croisons notre route du départ et rendons visite à Yohann et Valérie, qui nous avaient accueillis si gentiment il y a maintenant deux ans.

La grande richesse de ce voyage est d’être amenés à rencontrer chaque jour des gens totalement différents les uns des autres. Une chance incroyable qui nous a permis de connaître les mots ouverture d’esprit, curiosité, tolérance…

Cela nous manquera beaucoup plus que les heures de vélo.

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Le retour approche au rythme des coups de pédale, c’est-à-dire au jour le jour, sans précipitation. Cela nous permet un retour en douceur et en conscience.

Sereins, nous sommes sur le point de boucler l’itinéraire envisagé, et ne ressentons donc pas la tentation de prolonger notre périple. Plus les jours passent, plus l’impatience grandit.

Nous retrouvons nos régions, des odeurs, des images, des goûts que nous connaissons depuis toujours.

Puis une dernière nuit sous la tente, dans un appentis à quelques kilomètres de nos familles, nous conduit au jour où nous atteignons notre but.

Samedi 03 mars 2007, 16 heures :

A mesure que les derniers kilomètres défilent, la pression monte. Nous appréhendons un peu notre réaction face à la fin d’une si belle aventure, et au retour à une société qui nous dépasse parfois…

La boule au ventre, nous approchons du lieu de rendez-vous. Nous apercevons un rassemblement au bout de la route et entendons des cris de loin.

Une grande banderole et un attroupement nous barrent la route. Peut-être avaient-ils peur que nous ne nous arrêtions pas ?!

Nous ralentissons pourtant, serrons les freins, puis posons le pied à terre, pour la dernière fois.

Un moment fort, où l’on plane un peu, portés par trop d’émotion. Tous ces gens nous ont manqué pendant deux ans, et les voici, tous réunis, que nous pouvons serrer dans nos bras !

Nous sommes heureux. Nous avons atteint, ensemble, le but que nous nous étions fixé.

Des projets plein la tête, l’aventure de notre vie continue.

Comme quand on lutte pour atteindre un col, l’ascension est longue. La route est tantôt belle, tantôt difficile. Mais une fois en haut, quelle fierté, quel bonheur.

Pourtant, ce n’est qu’un passage. Car derrière le col s’étendent déjà à perte de vue de nouvelles steppes, immenses, inconnues et attirantes…

Fin.

Tour du monde à vélo - Besoin d'Aventure

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