Récit de mon tour du monde à vélo : Chapitre 5 – Un demi-tour aux antipodes

tour du monde à vélo nouvelle zélande

Le contexte de ce tour du monde à vélo

Suite à mon tour du monde à vélo de 2 ans réalisé entre mars 2005 et mars 2007, nous avions écrit (ma compagne et moi) un texte dans le but de le publier… Mais pour plusieurs raisons, il n’a jamais vu le jour ! Il est donc temps de le partager ;).

Même si le voyage date un peu et que certains pays et informations techniques ont “un peu” évolué depuis, toutes les émotions que nous avons ressenties seraient les mêmes aujourd’hui.

Nous avons également réalisé un film de 45 minutes “La roue libre” que nous avons présenté dans différents festivals de voyage à vélo et que nous vendions à l’époque en DVD. Les images datent un peu mais vous pouvez maintenant le télécharger gratuitement.

Pour télécharger le film, il suffit de cliquer ici (ou sur l’image ci-dessous)

Film tour du monde à vélo
Cliquez sur la photo pour télécharger le film !

Le récit de ce tour du monde à vélo

Si vous n’avez pas encore lu le chapitre 1 début, cliquez ici !

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Si vous n’avez pas encore lu le chapitre 2, cliquez ici !

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Chapitre 5 : Un demi-tour aux antipodes

Janvier 2006

A peine arrivés en Nouvelle-Zélande, nous nous émerveillons devant sa nature originale et préservée. Manchot bleu, otaries, dauphins, fougères arborescentes, lacs fluorescents irréels…

Nos yeux ne sont pas assez grands. Nous arpentons l’arrière-pays et plantons notre tente dans des paysages qui rivalisent de splendeur : un jour au bord des eaux turquoises du lac Tekapo, l’autre au milieu des tussoks de Lindis Pass, de longues herbes sèches qui s’embrasent aux derniers rayons du soleil. Leur couleur dorée pourrait d’ailleurs être l’emblème de cette région.

tour du monde à vélo lac tekapo

Aux siècles derniers , cette partie du pays a en effet été marquée par une ruée vers l’or. Des milliers d’immigrants, venus de Chine et d’autres horizons, sont venus tenter leur chance. Ils s’établissent alors dans un pays déjà partagé entre maoris et colons anglais, donnant à la population néo-zélandaise toute sa diversité.

L’île du sud est peu habitée. Nous traversons parfois plusieurs dizaines de kilomètres sans habitation. Nous croisons de nombreux voyageurs qui découvrent le pays à vélo.

Alors que jusque là nous passions pour des extra-terrestres à bord de nos vélos chargés, en Nouvelle-Zélande en revanche, les cyclo-randonneurs sont si nombreux qu’ils ne se saluent même pas entre eux.

Les cyclistes restent pourtant minoritaires sur les routes. Toute la journée défilent camping-cars, mini-vans et voitures de tourisme. Bien entendu, enfermés dans leur véhicule hermétique, les chauffeurs nous doublent trop près et trop vite.

Fatiguée de risquer sa vie à chaque virage et d’envoyer des bras d’honneur dans leurs rétroviseurs, Elise se venge. Un beau matin, son vélo se trouve placardé d’un grand panneau leur demandant de ralentir et se déporter largement. Elle y ajoute une petite illustration pour lui donner un ton plus agressif…et ça marche !

vélo - écarteur voiture

Ouf ! Nous pouvons ainsi décoller notre regard du rétro et profiter des paysages. La région des Catlins au sud est si ventée que les arbres poussent de travers.

Nous nous arrêtons une journée entière sur une petite plage où les dauphins viennent régulièrement nous rendre visite. Puis ils s’éloignent pour faire des sauts et des acrobaties un peu plus au large… magique.

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Une fois sur la côte ouest, il faut faire face à la pluie. Parfois 6 mètres d’eau par an ! On raconte ici qu’il pleut deux fois par semaine, d’abord pendant trois jours, puis pendant quatre jours… 😉 .

La route est bordée de puissantes chutes d’eau, qui traversent une végétation très dense, la rain forest. Ici les fougères font plusieurs mètres de haut ! Malheureusement, l’humidité attire aussi les sand flies, de petits moucherons qui nous grignotent sans répit. Leurs piqures transforment nos nuits en enfer de démangeaisons.

Au pied des glaciers, nous retrouvons presque par hasard Karen et Ben et leur tandem, avec qui nous avions roulé en Chine. Avec eux, nous achevons notre tour de l’île du sud, et atteignons la moitié de notre objectif. Douze mille cinq cent kilomètres, un an de voyage, un demi-monde à vélo.

demi tour du monde

En réservant nos billets d’avion pour l’Amérique du Sud, une bonne surprise nous attend. Le vol est moins cher en faisant escale à Tahiti puis à l’île de Pâques ! Ces étapes n’étaient pas prévues, mais comment résister ? Et quitte à y faire escale, autant y rester quelques jours…

Le vol pour Tahiti est retardé. Nous arrivons donc tard, et décidons de dormir dans l´aéroport en attendant que le jour se lève. Ici, la baguette se porte sous le bras, les gendarmes ont des képis et on parle la même langue… nous sommes bien en France !

Mais les gendarmes, sous leur képi, sont en bermuda, les passants nous abordent facilement en nous tutoyant, et l´eau est à 27 degrés. Nous sommes en France, oui, mais au milieu du Pacifique !

Les Polynésiens offrent leur sourire et leur douceur à tous vents. Les vahinés portent la fleur à l´oreille, et les hommes arborent de beaux tatouages. On se croirait parfois dans un tableau de Gauguin.

La vie est chère mais nous respectons notre budget en dormant sur les plages, où passent quelques pêcheurs. Pour une fois, les duvets restent dans leur sac. Nous adoptons le rythme des pays chauds sans aucun mal.

La moyenne tombe radicalement, car la chaleur n’incite pas à pédaler, tandis que l’eau turquoise nous invite…

Nous nous régalons de saveurs locales que l’on cueille au bord des chemins. L’un s’occupe des noix de coco pendant que l’autre ramasse du bois pour cuire l’uru, appelé aussi le fruit de l´arbre à pain, au délicieux goût de patate douce mêlé à celui de la châtaigne.

voyage à vélo tahiti

Nous suivons la côte sud jusqu’à Teahupoo, un spot de surf mondialement réputé. La vague est difficile d’accès et Brieg profite de son body-board (acheté en Nouvelle-Zélande) sur d’autres vagues, tout aussi généreuses.

Un matin, nous venons de partir quand un 4X4 nous dépasse et le conducteur nous fait signe de nous arrêter :
« – Vous êtes Français ?

– Oui !

– Toi, tu viens de Normandie ?

– Oui !

– Vous faites un tour du monde ?

– Oui !

– Vous voulez venir à la maison ?

– … ?

– Douche, lessive, repos, ou juste pour boire une bière…

– Oui ! »

Nous le suivons pour faire connaissance autour d´un verre, et finalement nous restons… trois jours !

Joël est normand, il a reconnu le drapeau sang et or sur le vélo d’Elise. Lui aussi a fait un tour du monde, en 1965. Les jours s’écoulent entre piscine, bateau, plongée sur la barrière de corail, ballade dans l´intérieur sauvage de l´ile, et surtout, longues soirées à échanger nos récits de voyage contre les siens. Les aventures de Joël, passé de routard à négociant en diamants, racontées avec emphase, nous fascinent.

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Il faut pourtant quitter sa gentille compagnie pour avoir le temps de rejoindre Papeete par le nord. Déjà, il est temps de partir vers de nouveaux horizons, en traînant un peu les pieds pour une fois. Nous avions encore tellement de choses à voir, et aussi une proposition de boulot sur Bora Bora… Peut-être un des regrets de notre vie de ne pas avoir accepté…

En route pour Rapa Nui, l’autre nom donné à l´île de Pâques. Hanga Roa, la capitale, avec ses trois mille habitants, est la seule agglomération. La ville s´organise autour de la petite baie où déroulent des vagues parfaites, sous l´œil bienveillant des moaïs.

voyage à vélo ile de paque

Nous partons plusieurs jours à vélo à la rencontre de ses personnages impressionnants, plus connus chez nous sous le nom de géants de l´île de Pâques.

De retour à Hanga Roa, nous plantons la tente chez Maria, une femme Rapa Nui qui nous raconte son île autour d´un petit déjeuner. Nous faisons la connaissance de ses deux fils. Teraï, qui sculpte le bois, et Tito, qui est guide.

Les hommes de l’île de Pâques sont, d’après Elise en tout cas, parmi les plus beaux que nous ayons rencontrés. Leur visage semble être un savant mélange de la finesse de trait des Amérindiens, et la puissance du regard des Polynésiens.

Souvent, ils se déplacent à cheval, montant à cru et torse nu, la peau couleur caramel… Teraï, le cadet, est d’ailleurs un bel homme. La trentaine, il est dans la force de l’âge. Son corps semble avoir été sculpté sur mesure, comme les statuettes qu’il fabrique.

Toute la journée, Teraï reproduit les statues emblématiques de son île. Son atelier, un coin de jardin à ciel ouvert, se compose d’une table où sont posés quelques outils, d’un billot en guise de tabouret, d’une radio, et de branches qui bientôt prendront forme sous sa gouge.

ile de paque - voyage vélo

Les « géants miniatures » seront ensuite vendus dans la coopérative du village, unique magasin de souvenir artisanaux. Il ne lui faut qu’une heure pour tailler un moaï.

Teraï travaille avec son oncle. Ensuite, il partent en moto pour pêcher, et rentrent cuire les poissons au barbecue. En les vidant, ils récupèrent les intestins et les font griller. Ils s’en régalent en proclamant, en français, que c’est « la crème de la crème » !

Nous restons chez eux jusqu´à notre départ, à profiter de cette charmante ville, de la mer, à regarder Teraï travailler, à manger du poisson frais…

Mais tout cela avant que la nuit tombe car dès qu´il fait noir, les cafards qui infestent l´île sortent, alors Elise se barricade dans la tente. Brieg lui en profite pour dévorer le dictionnaire afin d´améliorer son espagnol avant d’affronter le continent sud-américain.

Cliquez ici pour lire la suite du récit : Chapitre 6 – Espoirs et désillusions sur la Panaméricaine

Téléchargez gratuitement le film de notre tour du monde à vélo “La roue libre”.

Pour télécharger le film, il suffit de cliquer ici (ou sur l’image ci-dessous)

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