Récit de mon tour du monde à vélo : Chapitre 4 – Au sud des nuages

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Le contexte de ce tour du monde à vélo

Suite à mon tour du monde à vélo de 2 ans réalisé entre mars 2005 et mars 2007, nous avions écrit (ma compagne et moi) un texte dans le but de le publier… Mais pour plusieurs raisons, il n’a jamais vu le jour ! Il est donc temps de le partager ;).

Même si le voyage date un peu et que certains pays et informations techniques ont “un peu” évolué depuis, toutes les émotions que nous avons ressenties seraient les mêmes aujourd’hui.

Nous avons également réalisé un film de 45 minutes “La roue libre” que nous avons présenté dans différents festivals de voyage à vélo et que nous vendions à l’époque en DVD. Les images datent un peu mais vous pouvez maintenant le télécharger gratuitement.

Pour télécharger le film, il suffit de cliquer ici (ou sur l’image ci-dessous)

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Cliquez sur la photo pour télécharger le film !

Le récit de ce tour du monde à vélo

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Chapitre 4 : Au sud des nuages

Septembre 2005

De vieux sages penchés sur leurs travaux de calligraphie, un sourire paisible encadré par une fine barbe blanche et un regard apaisant ; voila ceux qu’Elise s’attendait à croiser au bord des chemins de Chine.

Quel cliché ! Quelle erreur ! Peut-être vaut-il mieux ne pas trop se représenter un pays avant d’y pénétrer. En tous cas ne pas trop l’idéaliser, au risque de voir la surprise et la curiosité céder la place à la déception.

Nous quittons un pays paisible et peu peuplé, et entrons tout à coup dans un autre monde, un autre temps.

Le mongol perpétue des gestes ancestraux, le chinois innove. Le mongol chuchote, le chinois braille. Le mongol monte une yourte, le chinois rase, bâtit, conquiert, il est tourné vers l’avenir.

En entrant, nous avons en tête le titre visionnaire du livre «Quand la Chine s’éveillera…»*. Il semble que ce temps soit venu, le géant a fini de somnoler. Il s’étire en dépliant largement ses bras et pousse un soupir qui balaie les règles économiques mondiales.

Partout, des couleurs, des affiches, des écrans, des enseignes géantes. Les hauts-parleurs crachent, dans les rues, les magasins, les bus. La moindre petite ville de province correspond à nos mégapoles et leurs innombrables grues rivalisent à coups de gratte-ciels aussi hauts que modernes.

Sur les routes, les mobylettes chargées de moutons ou de poules agonisantes, la tête frôlant le bitume, croisent des camions lourdement chargés de marchandises made in China.

Malgré cette ouverture récente sur le monde, chacun de nos arrêts provoque un attroupement. Alors que nous sommes assis à l’entrée d’un petit village, Elise prend le temps de traduire notre mot en caractères chinois, ce qui lui prend beaucoup de temps vu la complexité de la tâche.

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Très vite, une dizaine d’hommes l’entoure et lit par dessus son épaule trait après trait. Les idéogrammes sont bien compliqués pour nos plumes occidentales, son écriture est lente et hésitante. Les hommes déchiffrent patiemment puis comprennent que nous cherchons un lieu sûr pour planter la tente. Ils nous indiquent alors l’école du village.

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La classe, unique, termine à dix-sept heures. Mais les enfants nous ont vus arriver et ils sont déjà tous dehors. L’instituteur abdique et nous installe dans sa classe.

Plusieurs villageois sont entrés en même temps pour observer notre installation. Nous tentons d’engager la conversation sans trop de succès, en attendant que nos spectateurs nous laissent seuls pour nous mettre à l’aise.

Nous comprenons très vite que ce n’est pas du tout leur intention. Il nous faut donc faire abstraction de leur présence et déplier la tente intérieure, ranger nos affaires, cuisiner, comme si nous étions seuls. Ce n’est pas chose facile car il y a en permanence plus d’une dizaine de curieux à l’entrée de la classe et derrière les fenêtres.

Après nous avoir observés un moment en silence, ils repartent chez eux en ricanant, et d’autres prennent leur place. Le défilé va durer près de trois heures.

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A la nuit enfin, chacun regagne son foyer. Nous nous installons sur le pupitre d’un des écoliers pour y rédiger notre journal de bord. Le lendemain matin, un grincement nous réveille. C’est le bruit d’un curieux, essuyant la buée de la vitre pour nous épier, et le flux incessant de spectateurs reprend jusqu’au début de la classe auquel nous assistons.

En fonction de l’humeur, ces attroupements systématiques nous impressionnent, nous amusent ou nous agacent. Il faut se faire à l’idée que nous sommes des curiosités auxquelles les observateurs n’osent pas s’adresser.

Le plus difficile est précisément de communiquer avec eux. La langue est certes une barrière, mais nous l’avons franchie sans difficulté dans les autres pays. D’autant plus qu’avant le départ, chacun était chargé d’apprendre quelques rudiments de russe ou de chinois. Elise avait donc acquis quelques bases de chinois.

Plus qu’au vocabulaire, c’est à une autre façon de raisonner qu’il faut faire face. Lorsque nous demandons notre route, ou un prix, et que notre interlocuteur ne comprend pas notre phrase ou ne connaît pas la réponse, il ne le dira jamais. Le chinois ne peut pas « perdre la face ». L’ignorance fait partie des causes de déshonneur.

Il préférera donc de ne pas répondre, ou dire n’importe quoi, ou tout simplement répondre « oui, oui » en souriant. Cette attitude, naturelle pour eux, est très déconcertante. Surtout, elle peut amener à des malentendus, comme ce soir où nous parcourons trente kilomètres inutiles.

On nous avait pourtant bien confirmé qu’il s’agissait bien de la direction de Pékin : « oui, oui ». La réponse aurait sans doute été la même si nous avions demandé le nombre de kilomètres restants ou la météo du lendemain : « oui, oui ».

C’est à nous, visiteurs, de nous plier à ce mode de communication. Nous y adapter, sans juger, et persévérer.

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A Pékin, nous sommes traités comme de vrais pachas par un couple de français expatriés pour raisons professionnelles. Il nous donne quelques clés pour mieux appréhender l’attitude des Chinois, et nous repartons de chez eux pour découvrir la campagne chinoise, où la communication sera plus facile et nos interlocuteurs plus accessibles.

Ils nous accueillent parfois chez eux, dans leur cour ou dans leur maison, à l’abri des regards indiscrets. Il est alors plus facile de faire connaissance dans l’intimité de leur intérieur.

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Nous communiquons entre autres grâce à de nombreux dessins. Souvent, la conversation est indissociable d’un support papier. Nous illustrons nos rudiments de mandarin par des dessins, des schémas, des cartes. Nous avons aussi emmené avec nous un album photo léger, qui présente nos familles, nos régions, nos professions. Nos hôtes se présentent alors à leur tour, et nous faisons connaissance le temps d’une soirée.

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Le long des routes, nous pouvons observer la vie des paysans. D’énormes grappes de maïs et de piments sont suspendues sur les façades blanches des maisons. Plus bas dans les vallées, c’est la saison du ramassage du riz. Dans les champs en terrasse, chacun s’affaire.

Il faut couper, battre les gerbes, ramasser la paille de riz, transporter les grains et les faire sécher. Des tonnes de grains de riz sont étalées et ratissées à longueur de journée. Il y en a partout, sur les routes, les ponts, les toits, dans les maisons.

Une grande partie du territoire est montagneuse. L’infime partie composée de plaines doit donc nourrir toute une population, qui exploite aussi ces plaines pour y implanter des villes et des industries. La pression démographique est donc concentrée sur ces régions au relief docile. Le reste du pays se compose de zones désertiques ou montagneuses peu habitées.

Parmi ces montagnes, certaines sont sacrées. Emei Shan est la plus haute d’entre elles. Les bouddhistes, et les touristes, grimpent au sommet pour admirer le lever de soleil.

Nous avons laissé les vélos deux jours afin d’en faire l’ascension à pied. La nuit passée dans un monastère isolé fut courte, car à cinq heures du matin, les prières des moines nous ont tirés de notre sommeil en douceur. Sans doute la plus jolie façon de se réveiller dans ce lieu sacré pour reprendre l’ascencion.

En chemin, il n’est pas rare de croiser de petits singes malins. Habitués aux touristes, ils ne sont pas farouches pour “mendier” un peu de nourriture. Mieux vaut être prudent car ils peuvent se montrer agressifs et voleurs. Et leurs canines de plusieurs centimètres ont vite fait de nous intimider.

L’un d’eux en a d’ailleurs profiter pour voler la cape de pluie d’Elise et l’emporter à la cime d’un arbre. La cape ne se mange pas, elle n’est donc pas d’un grand intérêt. C’est pourquoi elle sera balancée par terre quelques secondes plus tard. Heureusement qu’ils n’ont pas jeté leur dévolu sur le sac à dos contenant appareils photos, argent et passeports !

Avant de quitter la ville d’Emei, nous rencontrons Karen et Ben, un couple franco-anglais qui voyage en tandem. Nous allons tous vers Kunming, mais nos itinéraires pour y arriver sont différents.

Le lendemain matin, nous ne parcourons que quelques mètres ensemble avant d’arriver au carrefour où nos chemins se séparent. En voyant le tandem s’éloigner à l’horizon, nous échangeons un regard à la fois hésitant et complice. Nous regrettons tous les deux de les quitter si vite.

Nous tournons notre guidon dans leur direction et les rattrapons au bout de quelques kilomètres. Nous passons finalement toute la semaine ensemble. Nous nous encourageons mutuellement. La route est difficile dans cette région montagneuse, avec un dénivelé quotidien de mille mètres minimum.

Pour contourner une zone interdite, nous empruntons une route peu fréquentée qui se transforme rapidement en piste, voire en bourbier. Nous sommes dans un endroit paumé. Seuls quelques chantiers, qui préparent le terrain pour construire une vraie route, nous permettent de demander régulièrement la distance qui nous sépare du col, et du retour au bitume.

Sans grande surprise, les réponses divergent ou se contredisent. La boue est pâteuse, gluante, collante. Elle adhère à nos vélos, nos sacoches, nos chaussures. Nos petites reines ont des allures de souillons.

Malheureusement nos garde-boues, portent trop bien leur nom. La terre s’y accroche, au point de freiner puis bloquer notre progression.

Régulièrement, nous devons démonter les roues pour enlever les kilos de boue que l’on traîne : gratter, rincer, frotter, et repartir, affamés et fatigués.

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Enlisés dans notre galère, nous n’avons pas déjeuné à midi. L’allure n’a jamais été aussi lente. Nous irions plus vite à pied. L’heure tourne trop vite, tandis que nos roues, elles, ne tournent presque pas ! Il faudrait pourtant se sortir de là avant que la nuit tombe…

Enfin, un ronronnement se fait entendre au loin. Chacun prie pour qu’il s’agisse d’un camion qui puisse nous faire franchir le col et retrouver une piste praticable.

Notre vœu est exaucé ! Nous arrêtons la fourgonnette et chargeons nos vélos dans la benne remplie de pierres. Nos bicyclettes n’apprécieront d’ailleurs pas tellement cette cohabitation… Le chauffeur nous dépose au village de l’autre côté de la montagne, nous passons la nuit avant de repartir sur une route qui elle, en est bien une.

Ce chemin est sans doute parmi les plus éprouvants que l’on ait empruntés, mais aussi, et de loin, le plus passionnant. Ces montagnes inaccessibles sont habitées de minorités ethniques. Leurs costumes traditionnels sont flamboyants, ornés de broderies, de perles et d’argent.

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Nous avons croisé entre autres la minorité Yi, et traversé des villages proches du style tibétain. C’est une Chine ancestrale, plurielle, authentique. Rien à voir avec la Chine d’aujourd’hui que nous retrouvons en descendant en plaine après avoir franchi un col à plus de trois mille mètres d’altitude. Nous y retrouvons le bruit des klaxons, les néons criards, mais aussi les douches chaudes et les marchés regorgeant de produits frais !

Karen et Ben continuent leur chemin. De notre côté, nous reprenons un rythme moins soutenu. Nous nous accordons même une pause dans la ville de Shiquan, et en profitons pour nous connecter au web afin d’envoyer quelques nouvelles et mettre à jour notre blog.

Alors que nous sommes tranquillement installés dans un salon internet, un homme en civil nous montre sa carte de policier et demande nos papiers, qu’il veut emmener avec lui au poste de police.

Hors de question de quitter nos passeports une seule minute, surtout que nous ne savons même pas s’il s’agit d’un vrai flic. Nous prétextons qu’ils sont restés à l’hôtel. L’homme nous y donne rendez-vous le soir même.

A l’heure convenue, il veut toujours emporter nos passeports, et comme nous ne voulons toujours pas les lâcher, il nous conduit au poste de police en fourgon, afin que nous accompagnions les précieux documents. Après avoir contrôlé nos papiers, il nous explique la vraie raison de tant de suspicions.

Nous sommes au bord d’une zone interdite, comme il en existe encore en Chine. Ces zones interdites ne sont indiquées sur aucune carte, et même les policiers ne peuvent pas nous renseigner car ils ne connaissent que les zones faisant partie de leur circonscription.

Bien souvent, ce n’est qu’une fois à l’intérieur que le cycliste apprend qu’il a pénétré dans une zone interdite, et se voit contraint de rebrousser chemin, ce qui peut représenter plusieurs kilomètres superflus.

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L’agent nous explique que nous ne pouvons pas quitter la ville par nos propres moyens et nous laisse le choix entre le train ou le bus. Après cette mise garde, nous croiserons ce policier à plusieurs reprises jusqu’au jour du départ forcé en train.

Nous finissons par être persuadés qu’il nous piste pour s’assurer que nous avons l’intention de suivre ses recommandations. Nous nous en sortons plutôt bien, avec seulement trois contrôles de police cette semaine ! La plupart du temps, il s’agit d’un simple contrôle d’identité. Nous rencontrerons la même méfiance au nord du Vietnam.

En descendant des montagnes chinoises, changement de décor : la chaleur nous surprend, la végétation s’étoffe pour devenir tout à fait tropicale, le soleil cogne.

A la frontière du Vietnam, nous ne sommes pas les seuls. Des marchandes vietnamiennes revenant du marché chinois attendent leur tour par centaines en poussant leur lourd vélo.

L’atmosphère est tendue, elles s’énervent et crient tout en essayant de manœuvrer leur chargement, sur un vélo qui n’en a plus que le nom : plus de pédalier, plus de chaîne, un cadre renforcé de métal et de bois, pour supporter un chargement qui doit atteindre cent à deux cents kilos. Pour une fois nos montures nous semblent bien légères !

Nous goûtons aux nems et au jus de canne à sucre frais, vendus dans les nombreux cafés qui bordent les petites routes calmes. En revanche, nous faisons l’impasse sur les larves de guêpes, et sur la thit cho. Cette spécialité vietnamienne mériterait plutôt le nom de hot-dog, puisqu’il s’ agit tout simplement de chien grillé !!!

Un soir, nous posons la tente dans la cour d’une maison. Mais la police, comme par enchantement, fait son apparition, et nous dit qu’il est interdit de camper. Nous devons dormir à l’intérieur d’une maison, ou dans un hôtel habilité.

Le jeune couple nous accueille alors dans sa maison pour la nuit. Surprise : les hommes et les femmes, même mariés, ne dorment pas ensemble. Le père de famille a l’air de beaucoup aimer Brieg, qui du coup n’est pas trop motivé pour partager son lit !

Il faut pourtant se plier à la tradition, et nous dormons séparés, mais pas seuls, puisque Elise dort avec la mère et Brieg avec le père.

Ils ont à peu près notre âge et sont déjà mariés, avec un grand garçon, ont déjà leur maison, leurs cochons… Ici les jeunes se marient tôt. Chaque week-end nous croisons plusieurs cortèges, et le moindre petit village a sa boutique de robes de mariée.

En quelques jours nous atteignons la côte, et trouvons une petite chambre à vingt mètres de la plage. Partis de Bretagne depuis plusieurs mois, nous sommes heureux de sentir à nouveau l’air marin, le sel et le vent sur nos visages.

Nous ne nous lassons pas de regarder la mer et les vagues pendant des heures. Malgré ce réconfort, la santé de Brieg, malade depuis Hanoï, ne s’améliore pas vraiment. Une poussée de fièvre nous amène à devoir prendre une décision : continuer, en sachant que le prochain hôpital correct ne sera qu’à Bangkok, ou retourner à Hanoï.

Bien que nous ayons horreur de revenir sur nos pas, nous optons pour la deuxième solution qui est la plus sage. De retour à Hanoï le médecin se veut rassurant, mais confirme que nous avons pris la bonne décision. Brieg a vraisemblablement contracté une “fièvre tierce”, une forme bénigne de paludisme. Un traitement antibiotique et quelques jours de repos devraient en venir à bout.

Après l’arrêt forcé d’une semaine à Hanoï, le “mini-palu” de Brieg n’est plus qu’un mauvais souvenir, et nous repartons de plus belle, cap sur le Laos.

Nouvelle frontière, nouvelles appréhensions, nouvelles négociations. Les douaniers nous réclament un dollar pour avoir estampillé nos passeports, prétextant qu’ils sont dans leur droit :

« – C’est le règlement.

– Pouvons-nous voir le règlement ?

– Il est avec le chef…

– Pouvons-nous voir le chef ?

– Il est chez lui, avec le règlement.

– ???!

– Ça fait un dollar chacun.

– Pas de règlement, pas de dollars ! »

Commence alors un tête-à-tête silencieux. Chaque partie attend que l’autre baisse les armes. Mais il est tôt, nous avons tout notre temps ; nous sommes fermement décidés à ne pas céder à ce bakchich, aussi modeste soit-il.

Notre détermination l’emporte calmement. Au bout d’un moment, le douanier se résout à nous rendre nos passeports :
“- Elise, Brieg, pour vous, c’est gratuit.”

Dehors, un spectacle nous soulève le cœur. Des centaines de chiens sont chargés dans des camions. Ils attendent d’être emmenés au Vietnam, où ils feront la joie de gourmets.

Entassés dans des cages trop petites, ils semblent savoir ce qui les attend, nous implorent du regard et hurlent à la mort. Nous nous empressons donc de quitter cet endroit triste, et savourons le Laos comme un havre de paix. Nous y oublions le trafic, les klaxons, et retrouvons de grands espaces.

Au bord de la piste, nous rencontrons un français. Ingénieur E.D.F., il travaille sur le barrage qui est en construction à quelques kilomètres de là. Il nous apprend que le village de cases où nous avons dormi la nuit dernière n’existera bientôt plus, car d’ici deux ou trois ans, il sera noyé sous les eaux du barrage!

Nous grimpons sur le plateau des Bolavens, où les colons français ont introduit les plantations de café. Arabica et robusta de cette région figurent parmi les plus raffinés du monde.

Grâce à l’altitude (1200 m), nous retrouvons un peu de fraîcheur et ressortons même nos bonnets en soirée. Après la ville de Pakse, nous entrons en Thaïlande, pays le plus développé d’Asie du sud-Est.

En attendant l’arrivée de nos parents avec qui nous avons rendez-vous, nous sommes accueillis chaleureusement chez Betty et Christophe, amis d’amis fraîchement expatriés à Bangkok, avec qui nous réveillonnons de bon cœur. (décembre 2005)

La barre des dix mille kilomètres franchie, nous profitons de deux semaines de “vacances” en compagnie de nos famille avec lesquelles nous visitons le pays sans pédaler avant de nous envoler pour le pays des kiwis : la Nouvelle-Zélande.

Cliquez ici pour lire la suite du récit : Chapitre 5 – Un demi-tour aux antipodes

Téléchargez gratuitement le film de notre tour du monde à vélo “La roue libre”.

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