Récit de mon tour du monde à vélo : Chapitre 8 – Si tu vas à Rio…

tour du monde à vélo

Le contexte de ce tour du monde à vélo

Suite à mon tour du monde à vélo de 2 ans réalisé entre mars 2005 et mars 2007, nous avions écrit (ma compagne et moi) un texte dans le but de le publier… Mais pour plusieurs raisons, il n’a jamais vu le jour ! Il est donc temps de le partager ;).

Même si le voyage date un peu et que certains pays et informations techniques ont « un peu » évolué depuis, toutes les émotions que nous avons ressenties seraient les mêmes aujourd’hui.

Nous avons également réalisé un film de 45 minutes « La roue libre » que nous avons présenté dans différents festivals de voyage à vélo et que nous vendions à l’époque en DVD. Les images datent un peu mais vous pouvez maintenant le télécharger gratuitement.

Pour télécharger le film, il suffit de cliquer ici (ou sur l’image ci-dessous)

Film tour du monde à vélo
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Le récit de ce tour du monde à vélo

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Chapitre 8 : Si tu vas à Rio…

Aout 2006

Nous quittons les pistes boliviennes et retrouvons avec euphorie le lissé parfait des routes côté argentin. L’asphalte, le bitume, le goudron, le nom et la composition de ce revêtement nous importent peu.

Ce qui nous rend euphoriques est de le sentir glisser sous nos roues comme du satin. Nous n’avons quasiment aucun effort à fournir, dopés par l’oxygène à nouveau disponible alors que notre organisme s’était adapté pour pallier au manque dû à l’altitude.

Nous faisons honneur à la viande argentine dont la réputation est internationale. Convaincus des notre premier steak d’au moins quatre cents grammes chacun, nous décidons même de nous acheter une poêle afin d’agrémenter nos menus.

Dans le village d’Humahuaca, nous sommes tous les quatre invités chez Lirio et Rafo, un couple d’artistes aux idées pacifiques. Nous débarquons donc tous à l’adresse indiquée, où la porte est grande ouverte. Depuis la rue, on peut entendre la musique retentir.

Les murs intérieurs sont peints couleur brique. Cette teinte n’est autre que celle de la terre alentour, diluée et appliquée sur les murs. Des attrape-rêves pendent du toit de tôle sur lequel résonnent les pas des chats de gouttière. Chacun se sent très vite le bienvenu dans cette maison.

C’est ainsi que ses propriétaires la conçoivent : simple mais ouverte et chaleureuse. Quel bonheur de rencontrer des personnes aussi généreuses envers l’étranger de passage.

Ils parlent de la Pachamama, la Terre-Mère, avec respect. Ils la considèrent comme la divinité qui unit les hommes de la Terre entière. Difficile de définir un couple aussi particulier. Eux se désignent comme « fous ».

Il n’y a là aucune folie pathologique ou malsaine. Ils se disent « fous d’amour et de vie ». Rire, pleurer, débattre, partager, souffrir ou être heureux, voilà le principal pour eux, qui fait que l’on se sent vivants et riches.

Le lendemain nous quittons Laurence et Lionel à regrets, après plus de deux semaines de pérégrinations en commun. Leur avion les ramène en France dans quelques jours, tandis que nous reprenons la route direction le Paraguay.

Une route bien monotone. Nous nous retrouvons même sur une ligne droite de plus de six cents kilomètres, sans aucun intérêt : peu de villages, peu de végétation, pas d’oiseaux… La route est désespérante de lassitude. Heureusement, chaque soir nous apporte son lot de rencontres et de belles surprises.

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D’un week-end passé chez Omar, qui pense que l’homme vient de la lumière, que l’urine guérit du sida, et que l’homosexualité est un remède à la surpopulation, nous passons à une soirée chez un réfugié politique, ancien garde-rouge reconverti en réparateur de frigidaires, tandis que Carlos nous fait découvrir la vie d’un véritable gaucho, ces cow-boys du Sud.

Chapeau large, cigarette aux lèvres et sur-pantalon de cuir, il nous prépare des pâtes sur le feu de bois. Avec lui, nous partageons le traditionnel et incontournable mate. Ces herbes moulues se boivent en infusion dans un pot en bois ou en corne.

voyage à vélo - feu de camp

Il y a beaucoup d’herbes pour peu d’eau, le mélange est donc assez fort et très amer. Le mate se boit par une paille en métal sculpté, dont l’extrémité est en forme de cuillère-filtre, la bombilla. La boisson se partage en famille ou entre amis, à longueur de journée. Tous boivent dans le même pot à tour de rôle. Le breuvage fait des allers-retours entre l’hôte et ses invités, selon un ordre bien établi.

Le mate se boit aussi glacé, comme nous pouvons le constater dans la famille Sato. La population du Paraguay est très hétéroclite. Après avoir rencontré un suisse qui nous offre de bons fromages, et avoir fait quelques courses dans un supermarché allemand, nous faisons la connaissance d’une famille japonaise.

Une certaine excitation flotte dans l’air car tout le monde se prépare à fêter le cinquantième anniversaire du village, dont la quasi-totalité est d’origine japonaise.

Nous sommes invités à rester quelques jours afin d’assister à la fête. Cette invitation est pleine de curiosité, de simplicité, et de sincérité. Aussi acceptons-nous joyeusement, et prenons part aux préparatifs. Toute la famille est bien intégrée au pays, mais vit sur le mode japonais. Nous visitons donc deux pays en un !

Tout dans leur attitude n’est que modération. Il n’y a jamais un mot plus haut que l’autre, quel que soit le sujet de conversation. Leurs émotions ne s’exprime pas à travers leurs mots ou leur visage, mais nous les ressentons tout autant. En tous cas nous ressentons la bonté avec laquelle la famille nous reçoit.

Lorsque le repas est prêt, la mère ajoute deux couverts à table en toute simplicité, et nous appelle à dîner. Mais pas sur le ton d’une maîtresse de maison qui convie ses invités. On croirait plutôt entendre la voix d’une maman qui appelle tous ses enfants à table.

Brieg : « Qu’il est bon de se faire choyer. Nous nous sentons à l’aise dans cette maison. C’est étrange comme cette sensation varie d’un lieu à un autre sans savoir vraiment pourquoi : de tout petits détails, des attitudes, des attentions particulières, une atmosphère qui fait que l’on se sent bien chez des gens que l’on connaît à peine. »

Une amie de la famille décrit le peuple du Paraguay comme « gentil, simple et humble ». C’est exactement l’image que nous en garderons. Après la fête, le mauvais temps frappe aux fenêtres. Cela donne une nouvelle occasion à nos hôtes pour prolonger leur invitation.

Mais la pluie pas plus que le vent ne freine notre envie continuelle d’aller toujours plus loin, qui nous entraîne depuis le premier jour. Nous nous arrachons donc à ce cocon sous les recommandations bienveillantes de toute la famille.

Leur retenue japonaise nous oblige à contenir aussi nos émotions mais la pluie pénètre jusqu’au fond de nos cœurs peut-être trop émotifs, et nous accompagne jusqu’au Brésil.

Un matin nous roulons dans une petite ville quand deux hommes nous interpellent. Nous pensons qu’il s’agit de curieux qui veulent savoir d’où nous venons, comme nous en croisons beaucoup chaque jour. Nous nous arrêtons donc pour discuter un peu avec eux.

Au dessus de leur tête figure une enseigne ‘Radio Independente 101.5 FM’. Ils nous font entrer dans le local pour continuer la conversation autour d’un café. L’un d’eux parle espagnol et traduit nos réponses en portugais. Nous sommes confortablement installés dans le studio de radio aux murs capitonnés quand la lumière ‘ON AIR’ s’allume. Nos aventures sont donc diffusées dans toute la région !

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Le Brésil est un continent. Pour nous avancer un peu, nous grimpons dans un camion afin de couvrir la distance qui nous sépare de Curitiba. A la nuit tombée, le chauffeur s’arrête pour dormir. Nous libérons sa cabine et allons dormir dans la remorque, sur le chargement de farine !

Après une nuit  »dans le pétrin », nous découvrons Curitiba, ville modèle du pays, avec ses espaces verts, ses commerces et son vieux quartier préservé.

En traversant une région vallonnée d’exploitation forestière, nous arrivons dans le petit village d’Eldorado, à temps pour célébrer la fête de l’indépendance. Nous passons la soirée a observer les Brésiliennes, dont les talons sont aussi hauts que les décolletés sont bas !

Plus loin, un villageois nous conduit a la petite école pour camper dans la cour. Le lendemain à six heures du matin les premiers élèves arrivent en s’exclamant :
« – Il y a une tente dans la cour, venez voir ! Y’a aussi des vélos ! »

Nous sortons la tête de la tente et ils restent figés, cette fois beaucoup moins bavards. La classe commence très tôt, et la maîtresse nous fait entrer dans sa classe unique qui regroupe quatre niveaux.

Chaque élève vient au tableau pour nous poser une question, et regagne son pupitre après nous avoir fait un bisou. Nous rangeons leurs petits mots dans la sacoche arrière d’Elise qui s’est transformée en ‘sacoche-cadeaux’ depuis l’Argentine. T-shirt souvenir, nounours, artisanat…

tour du monde à vélo - école

Quelques jours plus tard nous arrivons sur la côte où l’ambiance est bien différente. Musique, plage, surf et caïparinha ! La population du littoral compte plus de noirs et de métisses, dont les corps somptueux ondulent sur les plages et les pistes de danse.

Elise tente en vain de rattraper son bronzage de zèbre propre à tout cycliste. Nous suivons la côte jusqu’à Rio. Cette partie du littoral est réputée pour sa beauté. Malheureusement sous la pluie incessante nous n’en profitons guère. De plus il nous est très difficile de trouver un jardin où planter la tente car les maisons sont pour la plupart des villas de vacances avec barbelés et caméras, et puis, avoir une tente à côté de la piscine, ça ne fait pas très classe…

Comme très souvent, ce sont donc les maisons plus modestes qui nous accueillent. Même si nous nous efforçons de ne pas généraliser, il semble que plus la maison est luxueuse, plus la porte est petite, et inversement…

Nous arrivons à Rio de Janeiro trempés, puant l’humidité. Toutes nos affaires sont imprégnées de cette odeur, puisque la pluie ne nous a pas quittés depuis dix jours. Nos vêtements moites macèrent dans nos sacoches.

Nous faisons même l’objet de plaintes de la part de nos colocataires de chambre à l’auberge de jeunesse ! Marion, qui vient du même lycée qu’Elise, et son mari brésilien, nous font découvrir Rio : celui des cartes postales avec son Christ de Corcovado, les tout petits-minis bikinis, et bien sûr les plages d’Ipanema et de Copacabana ; mais aussi celui des contradictions avec ses soirées mondaines surplombant les favelas.

voyage à vélo - Rio

Cliquez ici pour lire la suite du récit : Chapitre 9 et 10 – Au vent du Sahara et aux portes de l’Europe

Téléchargez gratuitement le film de notre tour du monde à vélo “La roue libre”.

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