Interview audio de Céline Moulys : Grande voyageuse et spécialiste du Ladakh

Céline moulys Ladakh

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Voyage à vélo au Ladakh
Céline Moulys

– Dans ce podcast Céline vous fait découvrir sa vision de l’aventure.

– Elle vous fera découvrir plus particulièrement le Ladakh, puisque c’est sa spécialité.

– Elle vous donnera quelques conseils intéressants pour partir à l’aventure au long cours…

– Vous découvrirez également si le voyage à vélo est adapté au Ladakh.

Himalaya ladakh Zanskar randonnée

Pour en savoir plus sur le Ladakh, voici le site réalisé par Céline Moulys, vous donnant beaucoup d’infos pour préparer votre voyage.

www.ladakh-zanskar.info

Transcription texte de l’interview

“Besoin d’Aventure”
– Bonjour c’est Brieg de ”Besoin d’aventure”. Aujourd’hui je suis avec Céline Moulys qui est une grande voyageuse et plus particulièrement une spécialiste du Ladakh. Bonjour Céline.

“Céline Moulys”
– Bonjour Brieg.

“Besoin d’Aventure”
– Peux tu te présenter et nous parler de tes activités autour du voyage.

“Céline Moulys”
– Mes activités autour du voyage sont assez nombreuses. Quand on aime le voyage, on développe des projets pour nourrir sa passion. J’ai commencé à voyager assez tard finalement. J’avais 18 / 20 ans. Avant je n’avais jamais pris l’avion. Je n’étais pas issue d’un milieu de voyageurs. J’ai découvert l’Himalaya assez tôt dans mon parcours.

C’était en 1999, je suis partie dans l’idée de faire un reportage interactif. C’était le début d’Internet et je trouvais déjà à l’époque que cet outil était absolument extraordinaire pour mettre les gens en relation les uns avec les autres. J’étais avec mon compagnon qui est toujours mon compagnon actuel d’ailleurs, qui lui partait sur une carrière plutôt Internet. Moi plutôt sur le film et l’audiovisuel.

On est partis réaliser un projet de documentaire interactif à la rencontre des réfugiés tibétains. On voulait le retour des gens, avoir leurs avis avant de dire quoi que ce soit. On trouvait que c’était important de les consulter avant de faire un film.On s’était mis en relation avec des écoles et finalement le public était plus dans l’attente et se plaçait beaucoup plus en récepteur à cette époque, par rapport à aujourd’hui où le public est beaucoup plus participatif où Il échange, il donne son avis sur les forums, les blogs etc. C’était il y a même pas 20 ans et les mœurs ont vraiment changé par rapport à ça.

En tout cas, personnellement j’ai rencontré l’Himalaya et à partir de là, je n’ai plus eu envie d’en découdre. Il fallait que j’y retourne, que je comprenne ce qui se passait là-bas. C’est un milieu qui m’intéresse parce qu’il est en pleine évolution géopolitique et culturel. Il y a le Tibet mais aussi le Ladakh qui est une terre d’Himalaya qui a évolué différemment de la terre tibétaine qui elle, est sous le joug des chinois. C’est donc une culture qui avance et qui progresse.

“Besoin d’Aventure”
– Peux-tu nous dire où est le Ladakh pour ceux qui ne savent pas bien le situer.

“Céline Moulys”
– Quand on regarde la chaîne himalayenne le Ladakh se trouve dans la petite langue qui monte sur l’Himalaya au Nord Ouest de l’Inde. C’est une région qui se trouve entre le Pakistan et le Tibet Chinois. C’est une région soumise à de fortes pressions géopolitiques. On est juste à côté du Tibet, sauf qu’il n’y a absolument aucun passage possible entre le Tibet et le Ladakh. Les réfugiés tibétains descendent donc au Népal et remontent par l’Inde pour arriver au Ladakh.

Il y a beaucoup de réfugiés tibétains au Ladakh, car ils se retrouvent dans la même culture, dans la même atmosphère, l’air est sec, on est vraiment dans les hauteurs himalayennes et la culture tibétaine continue de progresser et d’évoluer librement dans la démocratie indienne. Cette terre est intéressante parce qu’elle a été fermée aux étrangers jusque dans les années 74/76.

Cette région était disputée avec le Pakistan, elle a donc été fermée aux étrangers à peu près dans les années 59, date à laquelle beaucoup de tibétains fuyaient. C’est donc une région où il s’est passé pas mal de choses à l’abri du regard étranger. Dans les années 70 elle s’est ouverte doucement et d’un seul coup on a pu y aller. C’est donc une terre qui est ouverte depuis simplement une petite quarantaine d’années, qui évolue au regard de l’Occident et qui évolue très vite. Ce qui est intéressant dans cette terre c’est de la mettre en perspective avec notre propre évolution, nos propres erreurs, la façon dont ils regardent le monde, la façon dont ils avancent avec lui.

À l’heure d’aujourd’hui on peut dire qu’au niveau technologique, au niveau de la société, on est sur un plan d’égalité, avec des contraintes qui sont bien sûr différentes car ils sont en Himalaya. En tous cas ça a changé ma perspective du voyage. C’est ça qui est intéressant je pense, par rapport à ta question initiale sur le voyage. C’est-à-dire que j’avais envie de découvrir le monde, découvrir plein de cultures. Toujours envie d’aller voir comment ça se passe ailleurs.

Les paysages bien sûr sont fascinants et grandioses, c’est une vraie passion, mais aussi les cultures, la façon dont les gens vivent, la façon dont ils se regardent les uns les autres, la façon dont ils pensent, la façon dont ils échangent. Toute la vie, la naissance, la vieillesse, la mort. Tout ça ce sont des choses qui m’intéressent beaucoup. C’est pour ça que je trouve que voyager ça doit se faire dans la durée.

Un voyage c’est forcément long. On passe plusieurs semaines, c’est peu dire, mais plusieurs mois, ou alors on revient au même endroit et on approfondit, on redécouvre. On ne peut pas prétendre connaître une région si on y a passé que deux ou trois semaines. On a vu, on a aimé ou on n’a pas aimé, on a un feeling, mais on n’a pas vraiment voyagé.

“Besoin d’Aventure”
– Pour ceux qui n’ont pas forcément beaucoup de temps, qui ont quelques semaines de vacances entre guillemets

“Céline Moulys”
– De congés payés.

“Besoin d’Aventure”
– Comment

“Céline Moulys”
– De congés payés. Quand on voyage longtemps on se donne les moyens d’avoir d’autres revenus. Souvent quand on voyage dans certains pays le niveau de vie est moindre. Plus on voyage longtemps plus on amortit son voyage, parce qu’on paye moins cher de nourriture, d’hébergement. Tout un tas de choses qui font qu’un voyage ne coûte pas si cher que ça.

Il y a aussi le voyage au long cours où on gagne son argent au fur et à mesure du voyage. On apprend à vivre avec peu. C’est une autre discipline, une autre façon de s’engager que de simplement partir pendant ses congés payés. Ou alors on prend un congé sans solde. On ne peut pas être lié à un contrat de travail si on veut vraiment voyager. Il faut, à un moment ou un autre lâcher quelque chose.

“Besoin d’Aventure”
– Alors justement, est-ce que tu peux donner un conseil pour les gens qui ont du mal à se lancer dans ce genre d’aventure, de voyage, où il faudrait lâcher certaines choses.

“Céline Moulys”
– Rousseau disait ” c’est la rupture du contrat social”. Donc il ne faut pas lâcher un peu de choses mais beaucoup de choses pour se lancer dans un long voyage. Je pense que c’est aussi une façon d’être. J’ai lu avec attention des articles sur le gène du voyage qui a été mis en évidence par un chercheur Chinois “Chaunsheng Chen” et qui a été repris par un américain du National Geographic “David Dobbs”.

Il y aurait un gène dont seraient pourvus à peu près une vingtaine de pour cent de la population, qui nous pousserait à prendre des risques.
La satisfaction, le bonheur, viendraient en assouvissant ce désir “ce besoin d’aventure” puisque c’est le nom de ton blog. Le besoin que j’appelle moi aussi “le désir d’ailleurs”. Ce besoin d’aventure ce désir d’ailleurs, c’est un peu dans notre corps, c’est pas le virus du voyage, c’est le gène du voyage en quelque sorte.

Ce sont des gens qui sont peut-être plus curieux, plus impatients, qui ont une passion du voyage, qui ont besoin de mouvement, de changement ; qui ne peuvent pas se satisfaire d’une routine dans leur existence. Par contre ça peut les mettre en danger dans beaucoup de choses. Ça les pousse à avoir des réactions plus irrationnelles, ils sont parfois beaucoup plus sensibles, plus électriques. Mais c’est peut-être des gens qui vont être plus enclins à faire ce que je disais tout à l’heure c’est-à-dire tout lâcher. Lâcher la sécurité pour partir voyager.

Alors le conseil le plus rationnel qu’on peut donner c’est de ne pas lâcher son boulot parce qu’évidemment à l’heure actuelle on ne peut pas vivre que d’amour et d’eau fraîche, il faut quand même être conscient de ça. Mais peut-être que si on veut voyager longtemps et se donner les moyens de le faire, si on a la chance d’avoir un travail, il faut mettre un petit peu d’argent de côté et puis à un moment ou à un autre, prendre un congé sans solde pour partir plus longtemps. En famille ou seule. Je trouve que en famille ou seul c’est mieux qu’à deux. C’est presque une erreur de partir à deux parce qu’on a tendance à se réfugier dans le duo. Alors que seul ou en famille on est obligé de se confronter aux autres.

“Besoin d’Aventure”
– Pour toi c’est quoi avoir l’esprit d’aventure.

“Céline Moulys”
– L’esprit d’aventure c’est peut-être un petit peu tout ce que je t’ai dit juste avant, c’est-à-dire avoir besoin de repousser ses limites, de s’affranchir d’une certaine sécurité. Être curieux, curieux de tout. Avoir envie de rencontres, de découvertes. Avoir envie de bouger, de vivre quelque chose d’autre avec l’intégralité de son corps et tous ses sens en éveil.

Ce n’est pas simplement rêver, lire, ou se projeter, même si ça peut faire du bien. Il y a un besoin de bouger, de se déplacer, d’aller à la rencontre, de s’ouvrir sur des choses nouvelles. C’est une sorte d’insatisfaction permanente. Une envie d’assouvir, un besoin de connaissances je pense.

“Besoin d’Aventure”
– D’accord, tu connais donc bien le Ladakh. Y a-t-il des itinéraires incontournables, à pied ou à vélo, là-bas.

“Céline Moulys”
– Oui il y a des itinéraires incontournables. On parle de la grande traversée du Zankar qui fait 21 jours, mais ce qui est intéressant au Ladakh par rapport à l’esprit d’aventure dont on parlait, c’est que le pays est en évolution, c’est une terre qui bouge de manière sismique, c’est une terre qui ne tient pas d’un point de vue géologique, ce n’est pas de la roche solide, donc il y a des éboulements de terrain, c’est la terre de ”l’impermanence”.

Les itinéraires ne sont donc jamais vraiment les mêmes à cause des conditions climatiques, mais aussi parce que les routes progressent. Il y a maintenant une route qui emprunte une partie de la fameuse traversée du Zankar. Ce n’est donc plus forcément une terre de trekking. Il faut maintenant inventer ses nouvelles routes. Il y a toujours des chemins muletiers.

À vélo c’est exceptionnel le Ladakh. On est à plus de 3500 m d’altitude. Récemment je discutais avec une agence de voyages à vélo française. Il disait que les voyages au Ladakh ne ”marchent” pas trop bien à vélo. Et je me suis rendu compte qu’il avait mis le Ladakh dans les itinéraires sportifs, comme ce qu’on peut faire dans les Vosges ou dans les Alpes, le truc vraiment agressif.

Je leur ai dit :
”vous ne pouvez pas faire ça à 3500 m d’altitude, vous allez mourir ! Il n’y a pas assez d’air pour faire un effort pareil.” Le vélo au Ladakh c’est un vélo de randonnée. Ca peut être un peu sportif mais ça ne sera pas les championnats du monde de VTT. Voyager au Ladakh à vélo c’est super parce qu’il y a plein de pistes qui s’ouvrent, des nouvelles routes qui rendent les choses un peu plus faciles et puis ça permet de découvrir le pays à une vitesse lente dans des paysages grandioses.

Donc oui le vélo s’y prête complètement; On est entre 3500 m et 4500 / 5000 m. A partir du moment où on est capable de gérer son effort, de la même façon qu’on le gère en marchant, le vélo c’est quelque chose qui est tout à fait faisable et accessible dès l’instant qu’on a une bonne santé et qu’on réagit bien à l’altitude. Ça on ne peut pas le savoir avant d’y être allé.

“Besoin d’Aventure”
– D’accord, merci beaucoup d’avoir pris un peu de temps pour répondre à mes questions. À bientôt !

J’ai mis, en dessous de ce podcast, le liens vers ton site concernant le Ladakh pour ceux qui veulent aller un peu plus loin, et approfondir leurs connaissances du Ladakh pour un éventuel voyage ! On te souhaite plein de belles aventures pour la suite.

“Céline Moulys”
-Je te remercie, à bientôt, bon courage pour besoin d’aventure.

“Besoin d’Aventure”
– Merci, au revoir Céline.

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