Inspirez-vous ! Interview vidéo de Evrard Wendenbaum – Eco Aventurier

besoindaventure

Voici pour vous inspirer une interview vidéo de Evrard Wendenbaum de l’association “Naturevolution”

J’ai réalisé cette interview lors du Festival International du Film d’Aventure de La Rochelle, en partenariat avec l’équipe du festival.

Evrard Wendenbaum c’est :

– Un réalisateur de film d’aventure
– Un Photographe / conférencier
– Un défenseur de la nature

Dans cette interview vous découvrirez :

– Qui est Evrard Wendenbaum

– Les actions menées par son association

– Sa vision de l’aventure

– Son conseil pour réussir à bien partir à l’aventure !

 

Pour aller plus loin rendez-vous sur le site de “Naturevolution”

 

-Bonjour Evrard, peux-tu te présenter ?

-Je m’appelle Evrard Wendenbaum. Je dirige une association de conservation de la nature qui s’appelle « Naturevolution » et je suis dans le même temps réalisateur de films documentaires, d’aventure, de nature, de sciences, photographe également et conférencier. Mais si je devais me présenter en quelques mots seulement, ce serait « défenseur de la nature ».

Tout ce que je fais a pour vocation de préserver la nature d’une manière ou d’une autre. Je me suis spécialisé, et l’association avec, dans la protection de ce que l’on appelle, nous, les derniers mondes perdus. Les derniers endroits de la planète où l’homme n’a jamais mis les pieds, où les dégradations de l’homme sont négligeables ou presque.

On se concentre sur des cibles qui sont particulièrement difficiles d’accès. Principalement dans des zones tropicales parce que c’est là où on va trouver le plus de biodiversité et aussi, souvent, le plus de menaces sur cette biodiversité.

On travaille principalement sur Madagascar, notamment sur un massif de montagnes qui s’appelle le Makay. On travaille également sur une zone karstique qui est sur l’île de Sulawezi où il y a eu, dernièrement, le séisme et le tsunami dont on a tous entendu parler en septembre.

Ces régions-là sont menacées par diverses choses :  à Madagascar ce sont les feux de brousse déclenchés par les populations locales, en Indonésie c’est l’huile de palme, les mines de nickel, le plastique, les pollutions par le plastique. Ce sont les deux sites sur lesquels on travaille le plus. On travaille aussi au Groenland sur un site qui s’appelle le Scoresby Sund qui est le plus grand système de fjords du monde, sur la côte est du Groenland. Et on a d’autres cibles évidemment mais sur lesquelles on ne peut pas encore agir faute de moyens et de ressources humaines.

-Quel est ton objectif ?

-Notre objectif est d’essayer de mettre toute l’énergie possible et toutes nos compétences au service de la préservation de ces territoires-là avant que d’autres ne s’y intéressent pour des intérêts plus commerciaux, plus destructeurs.

Je ne vais pas le cacher, tout ce que je fais a aussi une vertu pour moi à titre personnel : j’aime aller dans ces territoires-là, j’aime me mettre hors de ma zone de confort, j’aime cette sensation-là d’être en mode aventurier ou explorateur. Ça dépend comment on le perçoit ou on l’appelle.

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Mais il est clair qu’aujourd’hui je ne suis plus capable de faire des aventures pour l’aventure en me disant : « J’ai envie de traverser telle zone, j’ai envie d’être le premier à atteindre telle montagne ». Ça a été mon moteur pendant dix ans, quinze ans peut-être où j’ai parcouru plein de montagnes du monde. J’ai fait plein d’expéditions qui avaient uniquement pour but de faire une performance sportive ou d’être le premier à faire ci, ou le premier à faire ça.

Clairement depuis dix ans, je ne suis plus capable de faire ça. J’ai pris conscience de l’état de la planète aujourd’hui et je trouve ça dommage de concentrer l’énergie juste sur l’obtention d’un résultat personnel et d’une satisfaction personnelle. Moi aujourd’hui, ce qui me dirige, c’est le besoin d’utilité. Toutes mes aventures ont pour vocation de protéger la nature à un moment ou à un autre.

-Peux-ton encore partir à l’aventure pour l’aventure ?

-Je conçois totalement qu’on puisse être accro à l’aventure pour l’aventure, je m’y sens particulièrement bien dans ces milieux-là. Donc je n’ai pas de règle ou de conseil à donner en particulier. Je pense que les choses se créent petit à petit. Quand on part à l’aventure, le gros avantage c’est qu’on se confronte à nos idéaux, à nos rêves.

Et les rêves sont souvent de se dire qu’on va aller découvrir un monde complètement préservé ou complètement sauvage. Et on s’aperçoit assez vite, partout sur la planète, pas forcément sur le lieu même où on va faire l’aventure, mais sur tout le trajet qu’on aura fait pour y aller qu’il y a 99% de la planète qui est déjà dans un état pitoyable.

Et puis il y a peut-être encore un tout petit pourcentage de territoire qui est encore vierge ou presque. On prend une claque, automatiquement.

Peux-tu donner un conseil à ceux qui souhaites partir à l’aventure ?

-Aujourd’hui c’est difficile de se voiler la face, difficile de se dire que tout va bien. Je ne donnerais pas un conseil. Mais c’est plus une réflexion, de mon côté, d’étonnement parfois, de me dire qu’il y a encore une possibilité aujourd’hui de ne pas se poser ces questions-là, de ne pas agir, de ne pas bouger, de ne pas changer de comportement. Ça c’est quelque chose qui m’interroge. Comment on peut faire aujourd’hui pour être insensible à tout ce qui se passe ? Comment on peut faire aujourd’hui pour ne pas vouloir donner tout ce qu’on a pour améliorer la situation ?

Je ne demanderai pas à tout le monde de créer une association comme je l’ai fait et de s’investir pendant dix ans sur un ou deux ou trois territoires. Ce sont des engagements de vie que tout le monde ne fera pas et je peux le comprendre.

Plus on est dans une démarche en adéquation avec soi-même, plus on va être vrai, plus on va être spontané, et plus on va être apprécié potentiellement par le public qui va regarder nos films, nos récits, nos conférences en tant qu’aventurier.

Et l’aventure pour l’aventure ça ne suffit plus aujourd’hui. Il faut être drivé par quelque chose, par une mission, par un objectif qui dépasse la simple aventure.

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Tu me demandais un conseil à donner aux aventuriers. Je ne donnerais qu’un conseil parce que je l’ai fait beaucoup quand j’étais plus jeune, quand je rêvais de partir. Je ne savais pas si un jour je pourrais être comme Haroun Tazieff, comme Théodore Monod, comme tous ces gens qui me faisaient rêver ou comme Nicolas Hulot.

Ces festivals, ce sont des moments fabuleux parce que tu peux non seulement rêver en allant voir tous les films qui sont présentés, en écoutant les réalisateurs, les aventuriers raconter leurs trucs. Mais tu peux en plus les rencontrer. Il y a des espaces où tu peux aller à la rencontre de ces aventuriers, où tu peux papoter de ton propre projet ou écouter un peu les conseils, les avis. C’est hyper riche comme moment et à La Rochelle c’est vraiment très agréable. Tout est très très bien organisé.

Le conseil ce serait de participer à ces festivals. Le deuxième conseil, je vais quand même en donner un, c’est dans tous les cas essayer de donner du sens à son voyage.

Ce n’est pas forcément avoir une mission à soi parce que ce n’est pas évident d’avoir sa propre passion, sa propre conviction. Ça peut être plus simplement participer à des actions d’associations, je parle notamment de ce que l’on fait nous, mais il y a tout un tas d’associations qui proposent des séjours d’éco-volontariat.

Je suis assez fan de ce concept là. Tu pars en voyage, tu pars en découverte d’un nouveau territoire, d’une nouvelle culture. Mais ce n’est pas juste pour se dorer la pilule et pour se dire : « J’ai fait la photo ou le selfie devant les Maasaï ou les rhinocéros ». Tu vas vraiment donner de ton temps, de ton énergie et de tes moyens pour faire avancer une cause, pour contribuer à un truc.

Ça te fait apprendre énormément de choses, ça te fait participer à  plein de partages avec les populations locales  – ce qui est rare dans un voyage classique – et tu en reviens transformé, clairement.

-Le mot de la fin…

-Tous les éco-volontaires qui partent avec nous, avec Naturevolution, que ce soit à Madagascar ou en Indonésie, ils reviennent transformés. Et quand ils reviennent, ils ont une quête, une envie d’agir et d’aller vers le mieux de la planète. »

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