Inspirez-vous ! Interview vidéo d’Alexandre Poussin – Madatrek

besoin d'aventure

Voici pour vous inspirer une interview vidéo d’Alexandre Poussin de l’aventure “Madatrek”

J’ai réalisé cette interview lors du Festival International du Film d’Aventure de La Rochelle, en partenariat avec l’équipe du festival.

Madatrek c’est :

– Une famille en voyage à pied avec une charrette à zébus

– 4 ans de voyage autour de Madagascar

– 16 documentaires relatant leur aventure

– Presque 20 000 euros récoltés pour des actions utiles et solidaires

Dans cette interview vous découvrirez :

– Qui est Alexandre Poussin

– Sa dernière aventure

– Sa vision de l’aventure

– Pourquoi il part à l’aventure

– Son conseil pour réussir une aventure !

Pour aller plus loin rendez-vous sur le site de “Madatrek”

J’interviewe Alexandre Poussin à l’occasion du Festival International du Film d’Aventure de La Rochelle.

Bonjour Alexandre, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Alexandre Poussin, je suis écrivain-voyageur. Depuis 25 ans, je cherche de belles destinations qui m’inspirent et qui sont propices à l’écriture de récits de voyages et d’aventures et de découvertes.

On vient de vivre quatre ans en famille à Madagascar avec nos deux enfants, Sonia, Philaé, Ulysse et moi. Et on en a fait le tour en charrette à zébus qui portait les bagages. L’idée était de documenter tout ce qu’on voyait d’intéressant, que ce soit d’un point de vue anthropologique, écologique ou sociétal, sur le chemin. Tout ce qui pouvait documenter ce pays.

C’est une sorte de monographie sur Madagascar. C’est un programme qui est de 16 heures, c’est 16 fois 52 minutes. C’est beaucoup de travail. C’est 4 fois 52 minutes par an pendant 4 ans. C’était passionnant parce qu’on est rentré en profondeur grâce à la lenteur.

On faisait du 2,4 km/h de moyenne, autant dire que la performance était à un autre niveau. Elle n’était pas dans la vitesse, c’était un souci de profondeur. Le fait d’être en famille était un immense bonus parce que la présence des enfants apportait beaucoup dans la relation.

Le fait d’être lourd, chargé, permettait aussi d’être plus lent, de rester plus longtemps et d’aborder les problèmes sociaux de façon intérieure. On a appris la langue, on parle malgache, on a appris à maîtriser la culture. Les choses sibyllines et obscures pour des gens qui ne restent que trois semaines ou trois mois commençaient à s’éclairer au bout de la première année, de la deuxième année et s’articuler, s’éclairer au bout de la quatrième année.

Ça ne veut pas dire qu’on est omniscient sur Madagascar. Mais comme on en a fait le tour physiquement, on en a maintenant une bonne compréhension.

C’est quoi l’Aventure pour toi ?

Pour moi, l’aventure c’est se mettre en état de réceptivité pour être capable de gérer ce qui arrive. C’est ne pas prévoir. Mais c’est avoir une impréparation très préparée.

C’est le côté boy-scout, scout « toujours prêt ». Être prêt à faire face à tout ce qui arrive et le gérer en étant préparé. Mais si tout est organisé, il n’y a plus de place au supplément d’âme, il n’y a plus de place à l’imprévu, il n’y a plus de place à tout ce qui fait le tissu de l’aventure.

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Cet état d’impréparation m’excite parce que je me mets toujours face à des obstacles et des problématiques qui sont nouvelles et auxquelles je dois m’adapter pour avancer, progresser. C’est excitant, on se sent vivant, on se sent utile, on se sent heureux. Pas forcément tous. Ce n’est pas une recette pour tout le monde.

Il y a des gens qui ne supportent pas. Ne serait-ce que ma mère. Ma mère, quand elle partait en voyage, elle ne pouvait pas se lever le matin si elle ne savait pas où elle coucherait le soir. Moi c’est l’inverse. Quand je me lève le matin, si je sais où je vais coucher le soir, la journée est minée, en voyage j’entends.

Peux-tu donner un conseil à ceux qui souhaitent partir à l’aventure ?

Il faut surtout définir le sens de ce que l’on veut donner au déplacement de soi, le voyage. Qu’est-ce qu’on va apporter ? Qu’est-ce qu’on compte faire ? Si c’est pour aller trimbaler son mal-être dans des pays pauvres, il y a peu de chance que ça débouche sur des choses productives.

Il faut avoir aujourd’hui une démarche plus consciente. Partir là-bas, ça a déjà un impact écologique, il faut en avoir conscience, il faut l’assumer. On a le droit de prendre des avions mais si on va là-bas, il faut que ce soit pour une bonne cause, pour une bonne chose. Je pense que l’avenir du voyage c’est d’être utile.

Même un touriste, quand il va à l’île Maurice se mettre les doigts de pied en éventail, il a une forme d’utilité. Ça paye les salaires de gens qui travaillent dans ces structures hôtelières. Mais c’est un peu limité, il y a peut-être mieux à faire.

Essayer de trouver des voyages qui ont du sens. Là, ce que je vois, les voyages écologiques organisés au Makay par Evrard Wendenbaum et son association, ça a du sens, ça permet à des scientifiques d’aller pratiquer leur passion, de faire évoluer la science et d’aller sécuriser, protéger, inventorier des petits coins de nature de la Terre qui ont besoin de nous.

Sans nous, ils seront détruits, ils vont disparaître. Voyager dans ce sens là, pour moi, c’est l’avenir. Il y a des centaines et des centaines d’associations qui hébergent ce genre d’initiative. C’est vers là que je conseillerais d’aller. Le voyage solidaire, le voyage humanitaire, le voyage médical si on est dans les professions médicales, le voyage scientifique si on se destine à ça. Il y a Earth Watch, une association anglo-américaine, qui propose 80 destinations de voyages utiles.

Quelle est la prochaine Aventure ?

Madagascar, ça a duré 4 ans. Il y a une grosse moisson d’images, une grosse moisson d’enseignements. Là maintenant on est en train de faire le pain. On en a au moins pour trois ans, peut-être quatre – il y a le côté symétrique – pour en parler et justifier toutes ces épreuves, tous ces apprentissages, tous ces sacrifices aussi parce que ce n’était pas facile. Maintenant on justifie par la mise en forme des images, des textes, des livres et par tout le partage, tous les échanges qu’on fera dans les conférences et notre travail d’écrivain, conférencier, journaliste, reporter d’images.

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Le voyage se justifie parce qu’il y a le temps de restitution après, c’est très important. Donc pas de voyage avant trois ou quatre ans. Il faut essayer dans la vie de donner du sens à ce que l’on fait, ne pas papillonner. Essayer de tracer son sillon, y semer des graines, se retourner et aller les récolter. C’est ce qu’on a essayé de faire avec notre charrette pendant quatre ans.

Le mot de la fin…

On a distribué 250 000 euros à trente projets humanitaires ou écologiques ou de protection environnementale. Ce n’était pas prévu. Et bien on est content. Il ne restera peut-être pas grand chose à notre histoire dans quelques années. Mais il restera quelques écoles, quelques dispensaires et quelques réalisations comme ça et peut-être une dernière forêt qu’on aura contribué à sauver.»

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